Sarkoetsyndicats

Nous le connaissions déjà le mépris de N. Sarkozy envers les syndicats. Nous nous souvenons, en effet, de ses propos lors du Conseil National de l'UMP en 2008 : "désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit !" ou, en 2010, de son dédain pour les organisations syndicales lors des manifestations contre la réforme des retraites - soutenues par près de 65% des français - ou, plus récemment encore, lors de son meeting de Villepinte, le 11 mars dernier : "J'ai appris que les vrais blocages ne viennent pas du peuple français, ils viennent de certains syndicats, de certaines organisations, de certains corps intermédiaires (...) qui ont intérêt à l'immobilisme, au conservatisme par crainte d'un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence".

Mais voilà qu'aujourd'hui, c'est au tour de Marcel Bauer d'user de ce même mépris envers les syndicalistes locaux et le monde syndical en général ! Monsieur le Maire qui, de retour du meeting du "Candidat Président" à Villepinte, doit se sentir conforté, par son maître à penser, dans ses dernières prises de positions.
En effet, suite aux manifestations à l'hôpital de Sélestat où, selon les DNA, près de 600 personnes s'étaient mobilisées le 16 février dernier, M. Bauer avait voulu répondre dans sa tribune du Sélestadien n°43 en ces termes : "En tant que Maire de la Ville de Sélestat et Président du Conseil de Surveillance du Centre Hospitalier de Sélestat, je souhaite réagir aux vives attaques proférées il y a peu par quelques syndicalistes contre notre Centre Hospitalier de Sélestat. [...] Ce ne sont pas de licenciements (25 postes) dont il est question mais de contrats à durée déterminée qui ne seront pas reconduits."
De même, dans un article sur les différences socio-économiques entre Emmendingen et Sélestat paru le 3 mars dans The New York Times, M. le Maire s'exprime sur les difficultés à réformer dans notre pays : "les travailleurs allemands acceptent le fait qu'ils doivent faire des efforts en temps de crise, ainsi que de travailler moins et de gagner moins afin de conserver leurs emplois. Mais chez nous, c'est immédiatement des batailles, des grèves et des gens dans les rues."
Enfin, suite aux difficultés que vivent les ouvriers du site AMCOR de Sélestat, obligés de faire grève afin d'être entendus par leur direction, voici la prise de position de Marcel Bauer parue dans les DNA du 2 mars : "Je ne soutiens pas ce mouvement. Car je ne suis pas pour le blocage d'une usine. Je pense qu'il y a d'autres moyens d'actions, comme par exemple le dialogue, pour arriver à ses fins."

A ces attaques intolérables, MM. Bauer et Sarkozy, nous vous répondons ceci :

Sachez que les syndicalistes ont pleine et entière légitimité dans le dialogue social puisque élus démocratiquement par les travailleurs français afin de défendre leurs droits.
De même, nous vous rappelons que les libertés syndicales ainsi que le droit de grève sont garantis dans le préambule de la Constitution de 1946, elle même reconnue par celle de 1958 !
Puis, comprenez bien ceci, syndicalistes et salariés ne font jamais grève par plaisir car cela implique mécaniquement des pertes de salaire importantes qui, dans l'état dans lequel votre majorité a plongé le pouvoir d'achat des français, se font ressentir d'autant plus douloureusement.

Quant à vous plus spécifiquement, Monsieur le Maire Bauer, nous vous disons ceci :

Sur les questions locales, quand vous nous dites, concernant le Centre Hospitalier de Sélestat, que "ce ne sont pas de licenciements dont il est question", nous vous répondons qu'il s'agit tout de même bien de 25 personnes qui vont se retrouver sans emploi et donc en situation précaire vu la situation dans laquelle vous laissez le marché du travail après 5 années de sarkosysme !
En ce qui concerne le mouvement social à l'usine AMCOR de Sélestat ainsi que votre prise de position, laissez-nous vous poser cette question : lorsqu'une entreprise réalise des résultats records grâce aux sacrifices de la masse salariale, qu'elle refuse arbitrairement l'idée d'une juste répartition des bénéfices, rendant ainsi tout dialogue impossible. Que reste-t-il aux travailleurs de cette entreprise si ce n'est que la grève afin de peser dans les négociations ?
Enfin, vous vantez le courage des Allemands qui acceptent de travailler moins ainsi que de gagner moins afin de sauvegarder leurs emplois mais dites-nous, Monsieur le Maire, qui a soutenu en 2007 le candidat du "travailler plus pour gagner plus" ?


Liens à consulter :

  • Tribune de Marcel Bauer concernant le Centre Hospitalier de Sélestat, Le Sélestadien n°43 p.33 : cliquez ici
  • Article des DNA sur la manifestation du 16/02/2012 à l'hôpital de Sélestat : cliquez ici
  • Prise de position de Monsieur le Maire Bauer sur le mouvement social de l'usine AMCOR de Sélestat : cliquez ici
  • Déclaration de Marcel Bauer dans The New York Times (en anglais) : cliquez ici